Technique

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L'élément primordial pour le joueur de trompette est  la colonne d'air. Que l'on soit chanteur ou instrumentiste, le contrôle du souffle est la chose à maîtriser absolument si l'on veut être un tant soit peu performant.

Pour souffler selon les règles (ou du moins selon celles que j'ai pu apprendre avec des concertistes internationaux ou des musiciens professionnels), trois choses sont à observer: inspiration, expiration et position de la bouche.


  • L'inspiration.

  InspirationLe diaphragme est un muscle mince lié aux poumons. Son rôle est de tirer les poumons vers le bas, afin que ceux-ci puissent attirer de l'air. Le trompettiste respire par les coins de la bouche, jusqu'au fond des poumons.

Le diaphragme contracte les côtes vers le bas, en les repoussant vers l'extérieur. Pour vérifier cela, un exercice simple: mettez vos poings sur les côtes flottantes (flottantes car non reliées au sternum comme les autres), dans le dos, à droite et à gauche de la colonne vertébrale; inspirez sans gonfler la poitrine, en essayant de faire ressortir le ventre; si la respiration est correcte, vous sentez les côtes flottantes s'écarter.


  • L'expiration.Expiration

 

Lors de l'expiration, le diaphragme se contracte et propulse l'air hors des poumons. Ici, le contrôle du muscle est vital, c'est lui qui va donner à l'air sa puissance, même dans les nuances piano. Le son ainsi maîtrisé ira des sonneries à la John Williams (écoutez Jurassik Park !) au contre-ut piano.

On peut vérifier la bonne inspiration comme on a vérifié l'inspiration: au fur et à mesure que l'on souffle, les côtes flottantes s'écartent d'autant que l'on va dans l'aigu (car la pression augmente).

C'est de cette façon que l'on joue, et y veiller finira par faire place au réflexe. 


  • Position de la bouche.

Position de la Langue Sur le schéma on peut voir la position  de la bouche et de la langue lorsque l'on fait ses notes. Remarquez les différentes positions de la langue en fonction des notes jouées.

Les lèvres sont pincées, et l'embouchure n'est pas forcée dessus; il ne sert à rien d'appuyer comme un fou l'embouchure sur ses lèvres sous peine de ne plus savoir les faire vibrer. L'aigu du trompettiste ne dépend que de deux choses: la maîtrise de sa colonne d'air et le travail du muscle que sont les lèvres. Plus on travaille, plus on a d'aigu. Simple.


 

  • Exemple

Quadruple Ut . Vachement utile.

Un exemple (!) d'utilisation de la colonne d'air par Mark Van Cleave, concertiste américain. Wouahou.

Cliquez pour télécharger (wav 194 ko). C'est longuet, mais ça vaut le coup d'oreille...


L'avis d'un professionnel...

F. R. est Trompettiste au Philharmonique de Liège, en Belgique, et chargé de cours de musique de chambre au conservatoire de Liège également. Il m'a écrit pour me faire part de sa réflexion sur la respiration du trompettiste; je vous livre son courrier, très intéressant.

(...)Quelques petites considérations personnelles sur le chapitre "technique" (à prendre pour ce qu'elles valent) : à propos de la respiration:

je pense que contrairement à ce qui est dit, la cage thoracique peut se soulever si bien sûr on commence à respirer du bas du ventre et qu'au moment de souffler , on pense à pousser l'air vers le bas du ventre. C'est comme ça que je pratique et je n'ai jamais de problèmes de respiration ni de maintien de la colonne d'air . Ca permet surtout de ne pas se crisper au moment de la respiration lorsqu'on commence à la travailler, ce qui arrive souvent à ceux qui veulent trop bien faire . Voir aussi pour l'explication de la respiration : Rolf Quinque (méthode ASA ,qui contient aussi d'excellents exercices de souplesse et de musculation des joues ) et "Brass playing concepts " d'Arthuro Sandoval (surtout pour le texte )édition Bim . Voir aussi la méthode de Charles COLIN "Lip Flexibilities" (commentaires en anglais mais très bons exercices pour la souplesse , l'aigu, et l'endurance ). N'oublions pas les deux aspects de la respiration :elle sert 1° à s'oxygéner, 2° à prendre une réserve d'air pour pouvoir souffler . Ca paraît idiot de le dire, mais ça explique aussi le fait qu'on s'essouffle parfois alors que l'on respire correctement "du fond du ventre" . En effet, si l'on ne renouvelle pas l'air qui se trouve dans le bas des poumons (là où s'effectue l'échange oxygène CO2) l'organisme est essoufflé . Pour cela, il faut soit respirer juste ce qui est nécessaire pour la phrase à jouer (mais alors on peut parfois manquer de pression) , soit laisser sortir le trop plein d'air par le nez ou le côté des lèvres(sur des notes medium et en veillant à ne pas altérer le son, c'est possible ! (...)