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Théo Charlier

Robert Bouché

Guy Aptel

CONSEILS AUX JEUNES ARTISTES, ou les règles du savoir-vivre à l'orchestre.

A l'orchestre l'artiste a de la tenue et ne parle pas pendant l'exécution d'une œuvre sauf en cas d'absolue nécessité. Il est muni d'un instrument en parfait état de fonctionnement et est en possession d'une bonne sourdine qui n'altère en rien le son de l'échelle complète. Il ne prélude pas à l'orchestre et a particulièrement soin d'éviter de faire entendre des fragments de thèmes ou traits de l'œuvre que l'on doit interpréter, ce qui est de très mauvais goût. Il ne tourne pas les pages avec bruit, surtout pendant un silence général.

Il se trouve au pupitre à l'heure indiquée et pendant les répétitions le quitte le moins possible. Il tire les coulisses de son instrument avec douceur en baissant les pistons ou cylindres afin que celles-ci n'explosent pas à cause de l'air comprimé qu'elles contiennent. Il ne souffle pas violemment dans son instrument pour se débarrasser de l'eau provenant de la condensation de la vapeur qui accompagne le souffle. Celui-ci légèrement introduit et un peu prolongé est de beaucoup plus efficace. Il a accordé et réglé son instrument au préalable. Lorsque cet accord a été fait dans une pièce attenante à la salle de concert ou de spectacle il a soin de s'inquiéter de la température de celle-ci sachant que la tesse du son augmente par la chaleur et diminue par le froid et fait par conséquent monter ou descendre l'instrument selon le cas. S'il est tenu par une circonstance quelconque de devoir s'éloigner de l'orchestre pour y interpréter une sonnerie ou un solo dans le lointain, sachant aussi que le son baisse sensiblement par l'éloignement, hausse son instrument selon le besoin et a eu la prudence d'en régler d'avance la mesure.

Il compte ses mesures avec soin, toutefois pendant une exécution il se fie parfois autant à une bonne et sérieuse réplique qu'aux mesures comptées, une erreur est vite faite et une bonne réplique ne ment pas.Il suit les impulsions du chef.

Il est souple et attentif, cède ou altère un son selon que celui-ci s'enchaîne avec tel ou tel autre instrument ou telle autre phrase. Il augmente ou diminue une nuance demandée afin de contribuer au bon ordre de l'exécution. A ces seules conditions l'artiste se tient à la hauteur de sa tâche, se fait estimer et considérer.

THEORIE DE L'INSTRUMENT ou pourquoi tirer la coulissière sur le ré grave

Il n'est aucun instrument à trois pistons ou à cylindres qui soit d'une justesse parfaite lorsqu'il y a 3 combinaisons de pistons ou cylindres pour former un son. En voici la raison: L'emploi séparé des pistons allonge la colonne d'air de telle sorte que le son s'abaisse: d'un ton si l'on presse le ler piston; d'un demi-ton si l'on presse le 2ème piston; d'un ton et d'un demi-ton si l'on presse le 3ème piston. Ici nous avons entière satisfaction.

Mais servons-nous, par exemple, d'une trompette en Sib, longueur théorique 1 mètre 475 dont nous presserons à la fois les trois pistons pour qu'elle nous fasse entendre fa# et do# graves . Ces notes exigent une colonne d'air supplémentaire de 0 mètre 612. L'ensemble des trois coulisses libérées par les trois pistons abaissés devraient donc nous fournir ce supplément. Mais le 1 piston abaissé nous donc une longueur de 0 mètre 181, le 2ème de 0 mètre 088 et le 3ème 0 mètre 279; ce qui fait au total 0 mètre 548. Il manquera donc 0 mètre 612 - 0 mètre 548 = 0 mètre 064, et les sons obtenus sont trop aigus.

Toutes ces mauvaises notes se corrigent le plus souvent au moyen des lèvres. Il va sans dire que la justesse ne pourra s'acquérir qu'au prix d'un très gros travail et d'exercices répétés. Il existe des instruments à coulisse mobile du premier piston, assez rares maintenant il est vrai. La coulisse mobile du troisième piston se rencontre plus fréquemment aujourd'hui et donne satisfaction.

L'AIR

L'air est l'unique corps qui vibre dans les instruments à vent. Qu'ils soient construits en bois, en verre, en cuivre, en bronze, le timbre est identiquement le même.

Des expériencesconcluantes commencées vers 1846 (dit Victor Mahillon) par Adolphe Sax, facteur belge établi à Paris, ont démontré que la nature des parois est sans effet sur la formation du timbre. Les proportions de la colonne d'air déterminées par la forme du tuyau et la manière dont les vibrations de l'air sont engendrées sont les seules causes de la variété du timbre. (Voyez la trompette en bois qui sert à démontrer que l'air est l'unique corps qui vibre dans les instruments à vent); cet instrument a naturellement un timbre identique a celui d'une trompette en cuivre, et elle est en Mi b.

L'EMBOUCHURE

L'embouchure se compose de 4 parties principales: le bord; le bassin; le grain; la tige.

Le Bassin, qui engendre le son, doit être proportionnel à la longueur de la colonne d'air; s'il est trop profond il baisse le registre haut, dans le cas contraire il le hausse.

L'embouchure que l'on emploie doit être celle qui accompagne la fourniture de l'instrument on tout au moins de mêmes proportions, sauf le bord qui peut être indifféremment plus où moins large selon la conformation des lèvres et de la denture qui sont d'une grande variété chez les divers sujets.

La beauté du timbre dépend de la souplesse de la pression de l'embouchure contre les lèvres qui pour le peu qu'elle soit forcée compromet la sonorité, la tension n'étant plus en rapport avec la division exacte de la Colonne d'air. Il est donc de toute nécessité pour obtenir un son pur d'éviter d'exercer sur les lèvres une forte pression ou donner trop de souffle, ce qui n'aurait d autre effet que de paralyser et d'empêcher non seulement la pureté, mais encore la production même du son.

Employer la même embouchure pour jouer des instruments différents (soit Bugle, Cornet à pistons, Trompettes fa ou ut) avec une embouchure de trompette en Si b et vice-versa est une grosse erreur, il en résulte évidemment que la résonance harmonique du tuyau se fausse par l'irrégularité et la disproportion de celle-ci. L'expérience ayant prouvé qu'il n'est rien de plus désavantageux pour les artistes désireux de jouer plusieurs instruments, que le changement du bord de l'embouchure, le seul moyen d'en posséder une bonne consiste à s'habituer, par l'étude et l'exercice, à celle que l'on possède; de cette façon les lèvres vibrant sous l'action d'une pression obtenue par des bords de forme et de diamètre invariables, acquièrent une flexibilité et une élasticité qu'elles ne peuvent obtenir par des embouchures différentes modifiant, à chaque changement, le contour des parties vibrantes", dit avec raison v. MAHILLON, facteur d'instruments de musique, conservateur du Musée du Conservatoire Royal de Bruxelles, et éminent acousticien.

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METHODE RESPIRATOIRE POUR LES CUIVRES: " LA COLONNE D'AIR "

Il nous semble utile de rappeler ici, en quelques lignes, la technique respiratoire devant être utilisée pour la trompette, et tous les autres cuivres, technique communément appelée " la colonne d'air ".

On peut schématiser la technique respiratoire d'un trompettiste par la comparaison suivante: la plus grande quantité d'air doit être stockée, sous pression, dans une réserve. Une canalisation souple évacue celui-ci vers l'embouchure de l'instrument, où il devra passer par un orifice de très petite dimension. On comprend que pour envoyer la plus grande quantité possible d'air dans l'instrument, la pression dans la réserve devra être d'autant plus élevée que l'orifice de sortie sera petit, et que la canalisation souple ne devra pas être partiellement obstruée par un rétrécissement. Ramenés au corps humain, les éléments précédents sont les suivants:

-l'orifice est le trou minuscule formé entre les lèvres jointes. Ce trou est d'autant plus petit que la note à jouer est aiguë, ce qui s'obtient en serrant plus ou moins les lèvres l'une contre l'autre, mais en aucun cas en les crispant ou en appuyant l'embouchure de l'instrument contre elles. Ce résultat ne peut être atteint qu'en gardant aux lèvres le maximum de souplesse, incompatible évidemment avec toute crispation ou tension;

-la canalisation est formée par la trachée thoracique, le larynx et la bouche. Comme cette canalisation ne doit subir aucun rétrécissement, il faudra toujours veiller à dilater au maximum le larynx, ce qui se traduira extérieurement par un gonflement du cou. Là encore, toute crispation sera préjudiciable au bon écoulement de l'air. Ce résultat s'obtient très facilement avec un peu d'attention... et beaucoup de décontraction;

-la réserve d'air est évidemment constituée par les poumons. Malheureusement, dans la respiration habituelle (soulèvement des côtes provoquant une augmentation du volume de la cage thoracique, ce qui se passe quand les sportifs " bombent le torse"), le volume et surtout la pression de l'air inspiré sont nettement insuffisants.

Il faut avoir recours alors à une autre technique, celle qui consiste à contracter le plus possible le diaphragme, ce qui permet d'augmenter la capacité pulmonaire d'une part, et d'obtenir cet effet de pression d'autre part. Dans ce cas, la cage thoracique ne doit en aucun cas se soulever, alors lue la ceinture abdominale se gonfle considérablement. Ce type de respiration est celui se produisant naturellement lorsque l'on est couché sur le les; il est alors aisé de l'observer. Par contre, une certaine habitude est nécessaire pour l'acquérir en position debout. Il est indispensable au trompettiste de n'utiliser, pour jouer, que cette technique respiratoire, seule garantie d'une qualité parfaite des attaques, d'une sonorité pleine et irréprochable et 'une absence de fatigue des lèvres.

En résumé, la technique de jeu est la suivante:

-avant l'attaque d'un son, l'embouchure étant posée sur les lèvres, on inspire par le coin des lèvres en gonflant au maximum la ceinture abdominale, la cage thoracique restant immobile;

-L 'attaque doit se faire immédiatement après l'inspiration, sans temps mort, en veillant à dilater le cou et à conserver l'abdomen gonflé, le réflexe naturel étant à ce moment de revenir à la respiration thoracique. Ceci reste valable tout au cours du jeu.

Il faut enfin se rappeler qu'une décontraction totale est indispensable pour atteindre la perfection.

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Tenez fermement l'instrument de la main gauche et gardez la main droite très souple pour faire le doigté.

La main gauche: Elle tiendra fermement l'instrument par les trois pistons. L'index, le majeur et l'annulaire viendront s'appuyer derrière le troisième piston, au-dessus de la troisième coulisse. Le petit doigt s'appuiera également derrière le troisième piston, en dessous de la troisième coulisse. Le pouce s'appuiera devant le premier piston en dessous ou au-dessus de la première coulisse.

La main droite: L'index, le majeur et l'annulaire seront placés respectivement au-dessus des premier, deuxième et troisième pistons. Le petit doigt dans le crochet (ou l'anneau) prévu à cet effet. Le pouce viendra s'appuyer devant le premier piston, au-dessus de la première coulisse.

Vous devrez toujours baisser les pistons énergiquement, entre la première et la deuxième phalanges. Evitez de les baisser avec le bout ou le milieu des doigts.

Tenez la trompette horizontalement ou légèrement baissée.

RESPIRATION

Dès que vous avez l'instrument en main, tenez-vous droit, la poitrine bien dégagée, soyez très détendu, ne soulevez pas les épaules.

Respiration diaphragmatique: Levez l'instrument à hauteur de vos lèvres, respirez par la bouche, et envoyez l'air au fond des poumons. (Ne soulevez pas le haut de la poitrine, ni les épaules, restez toujours très détendu). Fermez la bouche, posez l'embouchure sur vos lèvres.

Placez le bout de la langue entre les dents et commencez à souffler. La langue fera d'abord soupape, et par un recul rapide de celle-ci, en prononçant la syllabe " Tu ", vous libérerez l'air sous pression, qui, en passant entre les deux lèvres serrées (pas trop), les fera vibrer et mettra également en vibration l'air contenu dans le tube de l'instrument. Le son sera produit.

Si vous avez certaines difficultés, au début, exercez-vous d'abord sur l'embouchure seule.

Le son est produit: Exercez-vous à bien soutenir les notes; essayez, tout d'abord, d'avoir un son droit, c'est-à-dire sans l'augmenter ni le diminuer. Réglez votre souffle en gardant toujours la même pression d'air.

Dès que l'émission des notes deviendra plus facile, exercez-vous à ne penser qu'à la musique. Jouez avec conviction, cherchez à émouvoir en donnant le meilleur de vous-même.

Donnez envie de vous écouter dès la première note. Ayez un son " qui porte ", pensez que vous jouez pour un auditeur éloigné, même si vous jouez " piano ".

Un son qui porte vient du fond des poumons et ne fatigue pas.

Pour avoir une bonne respiration et obtenir ce que l'on appelle une colonne d'air bien placée, pensez à l'interprétation du texte musical.

Si vous avez des problèmes de respiration, voici un petit conseil:

Expiration: Videz complètement les poumons, en douceur, la bouche très détendue. Laissez-vous aller.

Inspiration: Restez toujours très détendu, n'inspirez surtout pas brusquement. Ne vous forcez pas à remplir la base des poumons. Si vous avez bien expulsé l'air, complètement, vous pourrez l'aspirer naturellement, sans effort, en gardant la bouche détendue et sans soulever les épaules.

Restez toujours bien droit et décontracté mais pas affaissé.

LE TEMPS DE TRAVAIL JOURNALIER

Pour fixer approximativement le temps de travail journalier de chacun, il est primordial de parler de la façon de travailler.

Apprenez à travailler beaucoup en vous fatiguant peu.

Après une mise en lèvres sérieuse, le travail des exercices doit se faire également avec des arrêts nécessaires qui seront des temps de repos.

Le placement des temps de repos est souvent très difficile. Savoir s'arrêter quand il le faut demande beaucoup d'efforts de volonté. Dans tous les cas, arrêtez-vous avant que la fatigue des lèvres commence à se faire sentir. Arrêtez-vous également après chaque exercice, n'entamez pas le suivant, même si vos lèvres ne sont pas fatiguées. Plus tôt vous arrêterez, plus vite vous récupérerez. Vous pourrez de cette manière consacrer plus de temps à l'étude de la trompette et vos progrès seront plus rapides.

Votre succès dépend de votre façon de travailler. Votre façon de travailler dépend du placement des temps de repos.

En tenant compte de tous ces conseils, voici, à titre indicatif, un temps de travail journalier.

Pour un débutant, je conseille 20 à 30 minutes de travail par jour, en 2 ou 3 séances de 10 minutes chacune, pour arriver, à la fin de cette méthode, à 3 ou 4 séances de 20 ou 30 minutes chacune: les nombreux temps de repos compris.

Bien entendu, cela n'a rien d'absolu: l'élève peut, à son gré, augmenter ou diminuer son temps de travail, en respectant toujours les temps de repos absolument nécessaires.

 

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